Autrefois, la se a et la T'asala étaient des érémonies traditionnellement distinctes, qui avaient lieu à différents moments, dans la Grande maison, ou Gukwdzi. Finalement, ces deux cérémonies ont été réunies dans le potlatch contemporain, mais en deux parties séparées. Aujourd'hui, la se a, (cérémonie de l'écorce de cèdre rouge) et la T'asala, ou danse de la Paix, se déroulent pendant une journée complète, de la fin de la matinée à la fin de la soirée. La plus importante est la se a, considérée comme une cérémonie sacrée. L'écorce de cèdre rouge, sur un masque ou un costume, indique que la cérémonie est celle de la se a.
La se a, une série de représentations successives, décrit l'expérience de nos ancêtres. Les différentes scènes racontent la façon dont les Kwakwaka'wakw ont rencontré les créatures surnaturelles, au début du monde, et comment l'univers s'est transformé pour avoir l'apparence qu'il a aujourd'hui. Les histoires sont exprimées par la danse et représentent la plus grande fierté des Kwakwaka'wakw.
Le danseur doit tourner vers la gauche avant de présenter chaque danse et tourner à nouveau du même côté lorsqu'il la termine, avant de quitter le sol en terre de la Gukwdzi. Cette coutume représente le lien qui le rattache au monde spirituel de nos ancêtres. Les droits et privilèges héréditaires, attachés aux danses et aux masques qui accompagnent les danseurs, sont un moyen de montrer les histoires et traditions familiales. Danser est une obligation, une façon d'assumer les responsabilités des Kwakwaka'wakw. Anciennement, un potlatch durait quatre jours ou plus, au cours desquels une seule cérémonie avait lieu, et non les deux.
La deuxième série de cérémonies,
appelée la T'asala, ou danse
de la Paix, est présentée dans la
deuxième partie du potlatch, après
la 'seka. Dès que les invités
enlèvent leur bandeau d'écorce de
cèdre, le maître
de cérémonie annonce : "La'man's
lixalil", qui signifie : "Retournons à
la maison." (de la t'se
a à la
t'asala); c'est alors que commence
la danse des Chefs. Il est impossible de traduire
le mot T'asala en français,
car il est originaire des tribus du Nord d'où
vient cette danse. La T'asala est très
répandue chez les Tsimshian, les Tlingit
et les Haïdas. On raconte que lorsque deux
Chefs se disputent, leur désaccord peut être
facile à résoudre en interprétant
cette danse.
Contrairement à la se
a, la cérémonie
de l'écorce de cèdre rouge, où
le danseur doit toujours tourner de droite à
gauche en entrant ou en sortant, les danseurs de
la T'asala quittent simplement la piste
de danse, dans n'importe quel sens. La T'asala
est moins solennelle que la T'se
a. La danse
la plus sérieuse de la T'asala
est la Hoyikalal, qu'exécute le plus jeune
frère du Hamat'sa de la famille qui donne
le potlatch. Le Hoyikalal est un homme qui appartient
au rang le plus élevé de la T'asala
et qui a le même
prestige que le Hamat'sa. Il peut porter, au choix,
une couverture chilkat ou à boutons, ainsi
qu'un hochet en forme de corbeau.
Pendant la T'asala, plusieurs danseurs
portent la même
couverture à boutons que celles qu'ils portaient
à la cérémonie de la se
a.
Au début de la T'se
a, l'un des danseurs
sort par la porte d'entrée, après
avoir été taquiné par les assistants.
Un assistant doit alors sortir pour aller le chercher.
Il revient bientôt
avec la coiffure du danseur, prétendant que
celui-ci est introuvable et qu'à sa place,
il a trouvé un dlugwe', ou trésor,
ayant la forme d'une créature magique ou
surnaturelle. Finalement, un danseur entre dans
la maison, arborant le masque du dlugwe'. Les gens
ont droit aux masques, danses et chansons particulières
du dlugwe. Les Aigles, Oiseaux-tonnerre, Dzunu
'was,
Soleils, Lunes et autres personnages sont représentés
à la cérémonie de la se
a.
Quelques personnages, comme la Dzunu
'wa et
le Bak'was, qui sont des créatures de la
forêt,
font partie de la
T'se
a, comme de la T'asala.






