"Quand le coeur est joyeux, il offre des cadeaux.
C'est ce que nous a donné le Créateur.
C'est notre manière de faire, notre façon
de nous réjouir, nous qui sommes indiens. Le
potlatch nous a été donné pour
exprimer notre joie, à notre manière."
- Agnes Alfred, Alert Bay, 1980
Avant 1884, le Potlatch jouait un rôle
primordial dans la société Kwakwaka'wakw;
c'était notre façon de vivre. Cette
cérémonie permet de réunir les
familles pour donner des noms, annoncer des naissances,
célébrer des mariages et pleurer la
perte d'êtres
chers. C'est également l'occasion pour un Chef
de transmettre ses droits et privilèges à
son fils aîné.
Le mot "potlatch" vient du jargon Chinook,
un langage commercial autrefois utilisé le
long de la côte.
Il veut dire "donner" et désigne
une cérémonie commune du peuple de la
côte
et d'une partie de l'intérieur du Nord-Ouest.
asa est le terme Kwawala utilisé
pour la cérémonie connue sous le nom
de potlatch.
Les groupes parlant le Kwawala expriment nos
joies et bien plus encore à travers le potlatch.
Celui-ci est la base même
d'un système de lois selon lequel nous avons
toujours vécu et il demeure la pierre angulaire
de notre culture d'aujourd'hui.
Autrefois, les cérémonies avaient lieu
en hiver, car le printemps et l'été
étaient réservés à la
recherche de nourriture, sur la côte,
et l'automne, on préparait la nourriture pour
la stocker. Le potlatch incluait les dix-huit tribus
de Kwakwaka'wakw et durait quatre jours
ou plus. Aujourd'hui, la cérémonie peut
avoir lieu, une journée et une nuit, généralement
au printemps.
Des festins accompagnent également un potlatch,
et les événements suivent un ordre précis.
Le potlatch est divisé en deux séries
de danses, la se
a, illustrée avec
de l'écorce de cèdre rouge portée
par les danseurs, et la T'asala, ou danse
de la Paix. À la saa, ou cérémonie
du deuil, les femmes sont invitées à
s'asseoir devant les Chefs pour rendre hommage aux
membres de leur famille récemment décédés
ou à ceux qui sont décédés
avant eux. S'il doit y avoir une vente ou le transfert
d'une plaque de cuivre, cette activité suit
la séance du "deuil". Le transfert
ou la vente est une cérémonie pleine
de signification et de symbolisme profonds pour ceux
qui y assistent. La
adzita, ou cérémonie
du mariage, suit immédiatement après,
s'il doit y en avoir une. Le grand festin est servi
aux Chefs, aux chanteurs et aux walswal'yakw,
ou les Anciens, puis aux invités ou témoins.
Viennent ensuite les chants. Le t'se
a commence
d'abord par le découpage d'un grand cercle
d'écorce de cèdre, dont des morceaux
sont distribués à chaque invité
qui doit le fixer autour de sa tête.
Puis des coups de sifflet annoncent l'approche du
hamat'sa. D'autres danses suivent le hamat'sa, toujours
dans un ordre précis. À la fin de la
t'se
a, les invités enlèvent leur
bandeau de cèdre. Commence alors la t'asala,
à laquelle les Chefs participent, contrairement à la t'se
a
à laquelle ils ne participent pas. Après
leur interprétation, une créature surnaturelle,
ou Dugwe' (trésor), entre par la porte
de devant. Le Dugwe' peut se faire avec différents
types de masque. À la fin, les invités
sont appelés à participer à la
m'lala, ou danse de la joie.
Pour finir, les cadeaux, extraits de plusieurs caisses,
sont éparpillés sur le plancher de la
Grande maison et distribués avec de l'argent,
d'abord aux Chefs, puis dans l'ordre, aux Anciens,
aux chanteurs et aux invités. Les invités
reçoivent des présents attestant des
événements qui ont eu lieu. En tant
que témoin, il vous incombe de vous rappeler
ces événements et de transmettre la
connaissance. Plus on distribue de cadeaux, plus grand
est le prestige obtenu par l'hôte
du potlatch. C'est un moment de grande fierté
et l'occasion de montrer les masques et les danses
propres à la famille qui donne le potlatch.
Pendant ce temps, les Chefs sont invités à
parler. C'est à ce moment-là qu'ils
remercient le Chef qui les a reçus en leur
faisant partager les trésors de sa famille
et en rehaussant le prestige de sa famille. Il peuvent
tout aussi bien parler des liens de leur famille avec
celle de leur hôte
que du grand festin.