Chez les Mamalilikala, le peuple
de lîle
Village, le poste de l'aigle appartenait au chef
suprême
du village. L'aigle est le roi des oiseaux (un honneur
qu'il partage avec le pic-bois). Ses plumes sont
utilisées dans la T'asala pour
symboliser la paix.
L'équivalent de l'aigle, vivant dans le
royaume sous-marin, le umugwe' , a le bec
et le corps de couleur verte. L'aigle marin est
le meneur des danseurs du royaume sous-marin, qui
appelle un par un chaque danseur, au cours d'un
potlatch.
Légende
(Comment l'aigle a été doté
d'une vue perçante) : récit raconté
à Pamela Whitaker par le chef, James Wallas
(Quatsino Sound et
Île
Hope).
"Dans un village où vivaient beaucoup
de gens, quelqu'un devait surveiller les canots
des guerriers. L'aigle était le seul à
pouvoir voler au sommet d'un grand arbre, qui était
le meilleur poste d'observation. Or, la vue de l'aigle
n'était pas très bonne. Il pouvait
à peine voir, spécialement dans le
noir. Il demanda donc à l'escargot (cette
créature communément appelée
une limace, dans le Nord-ouest du Pacifique) : "Puis-je
t'emprunter tes yeux?"
"Non!, je ne veux pas me défaire de
mes yeux," s'exclama l'escargot. "Tu sais,
poursuivit l'aigle, il faut que je surveille les
canots des guerriers, du haut de l'arbre. Je veux
pouvoir les voir de loin pour avertir mon peuple."
"D'accord, accepta finalement l'escargot, à
condition que tu me rapportes mes yeux dès
que ton travail sera terminé. J'utiliserai
les tiens pendant que tu auras les miens."
L'escargot jouissait d'une vue exceptionnellement
bonne et pouvait tout voir, m
ême
très loin. C'est pourquoi l'aigle lui demanda
d'échanger leurs yeux. L'escargot lui donna
donc ses yeux, et l'aigle, les siens. L'aigle s'envola
ensuite au sommet du plus grand arbre.
"Mes nouveaux yeux sont vraiment extraordinaires!,
s'écria-t-il. Je peux voir très très
loin." Il se posa dans l'arbre, regardant tout
autour de lui. Puis il émit un son (vous
savez, le bruit que font les aigles qui repèrent
un ours ou quelque chose d'inhabituel il
fit ce bruit-là). Il s'envola alors de l'arbre
et indiqua au chef du village qu'un canot approchait,
alors que celui-ci se trouvait encore bien en aval
du chenal. Puis il regagna son arbre. Il regarda
le canot se rapprocher et repartit prévenir
à nouveau le chef.
"Très bien!, dit ce dernier. Tu es un
bon observateur et tu dois avoir une vue excellente
pour voir aussi bien." Une fois les problèmes passés, l'aigle descendit
de son perchoir en haut du grand arbre. L'escargot
l'attendait.
"Je veux que tu me rendes mes yeux," dit-il.
L'aigle lui répondit : "J'ai décidé
de les garder. Ils sont bien meilleurs que ceux
que j'avais avant." Voici la raison pour laquelle
l'escargot se déplace si lentement aujourd'hui.
Danse et parure
Une femme, lors d'un potlatch, porte le masque de
l'aigle au sommet de la
tête,
pendant les cérémonies se
a.
D'après des témoignages contemporains,
la femme se tient près du centre de la piste
de danse, à c
ôté
des chanteurs. Ses gestes, lents, réguliers et gracieux suivent les différents
rythmes de la chanson, les mains à plat,
les paumes retournées.
Ce masque a été taillé, puis
coupé à la verticale sur toute sa
longueur afin de pouvoir être
creusé, puis ses deux parties rattachées ensemble. La mâchoire
inférieure est articulée -elle a été
sculptée, puis attachée au masque
avec de la ficelle pour filet.
Cèdre rouge, fibre de coton, peinture, plumes
et fer sont tous les éléments qui
entrent dans sa composition.
Histoire du masque
À l'origine, ce masque appartenait à
Robert Brown. Cédé au Musée
Canadien des Civilisations, il a été
retourné au Centre Culturel U'mista, en 1979.