Le Bawas est l'homme sauvage
des bois, literal translation "man of the ground
embodiment". De petite taille, c'est le chef
des fantômes
ou des esprits, l'incarnation spirituelle de tout
ce qui existe dans la forêt.
Velu, il a le corps recouvert de poils verts, le
visage émacié d'où ressortent
des pommettes saillantes et un nez crochu dont la
courbure rejoint la lèvre supérieure.
Vivant au pays des fantômes,
il est le chef des hommes des bois et le gardien
des âmes
perdues.
Il est rare de voir un Bawas,
mais si vous en rencontrez un, prenez garde, car
on dit qu'il vous entraînera
dans son monde en vous offrant de la nourriture.
Il aime particulièrement trouver des chasseurs
et des guerriers pour les capturer et les persuader
de manger sa nourriture damnée.
Sous un air appétissant de saumon fumé
ou de baies, sa nourriture est empoisonnée,
de sorte que le chasseur affamé qui la consomme
devient l'un des esprits du Bawas.
Le Bawas mange des limaces et
des escargots, mais son plat favori reste les coques,
que l'on trouve uniquement dans notre région,
en creusant le sable de la plage. En général,
c'est un être
timide qui a peur des humains.
Danse et parure
L'interprète de la danse du B
aw
as
porte des bandes de branches de cèdre collées
ou épinglées à son costume.
Sa parure diffère selon la tribu ou le territoire.
Comme le Bawas est timide et
qu'il a habituellement peur des humains, le danseur
tient son avant-bras en l'air, contre son masque,
et imite les gestes de celui qui scrute la plage,
à la recherche de coques.
Chanson
Le propriétaire de cette chanson particulière
s'appelle Bond Sound (les chansons diffèrent
selon les villages et les familles - elles sont
transmises de génération en génération.).
Les mots se traduisent ainsi : "C'est effrayant
de voir ce danseur des bois, d'une puissance surnaturelle,
exécuter sa danse."
Elsie Williams raconte : "Tout le monde avait
peur de lui, de ce qu'il tenait dans la main. Il
avait toujours quelque chose dans la main. Je lui
ai demandé si c'était une pierre,
mais il ne savait pas vraiment ce que c'était,
quelque chose de dur qu'il lançait habituellement
pour frapper quelqu'un. Il se trouve dans les bois,
assis au pied des arbres. C'est là qu'il
a acquis ses pouvoirs surnaturels."
Auteur inconnu :
Regardez le visage de l'homme sauvage; vous pouvez
voir le visage de l'homme sauvage jamais vu auparavant. Nous verrons le visage de l'homme sauvage, si vous
ne l'avez pas vu auparavant. Nous verrons à quoi ressemble sa t
ête,
la t
ête
de l'homme sauvage, à quoi il ressemble. Vous pouvez voir à quoi ressemble la t
ête
de l'homme sauvage, ce qui la différencie
de celle des humains.
(Dernier couplet) Comme il ne se peigne jamais,
il a les cheveux dressés sur la t
ête.
De Tom (Mackenzie) Willie (Projet d'histoire orale,
1991)
Histoire du masque :
Le ministère des Affaires indiennes a confisqué
ce masque à Harry Mountain, des Mam
alili
ala,
au cours des procès de potlatch, en 1922. Le masque a été
illustré et copié, maintes et maintes
fois par des artistes contemporains. D'après
les documents, il s'est retrouvé par inadvertance
dans la collection privée de Duncan Campbell
Scott, qui l'a exposé dans son bureau, jusqu'à
sa retraite. Le masque est ensuite reparti dans
la collection du Musée Canadien des Civilisations,
pour
être
finalement retourné au Centre Culturel U'mista,
en 1979.